Un français étudie à Rome

Diacre du diocèse de Vannes, l’abbé Julien Naturel a bien voulu répondre à nos questions sur la formation qu’il reçoit à l’université de la Sainte Croix, à Rome.

Comment les séminaristes sont-ils choisis pour suivre la formation au séminaire de la Sainte Croix ?  

Les séminaristes qui étudient à l’Université de la Ste Croix sont toujours envoyés par leur évêque ou leur supérieur de communauté. Nous venons vraiment des 4 coins du monde : j’ai désormais des amis australiens, mexicains, indiens ou tchèques… En fait, les évêques sont heureux de pouvoir envoyer quelques uns de leurs séminaristes pour leur proposer une formation au coeur de l’Eglise. C’est d’ailleurs une tradition de longue date dans l’Eglise. Depuis longtemps, des universités pontificales existent pour accueillir des séminaristes du monde entier ainsi que des maisons d’accueil et de formation comme le Séminaire français, le Collège anglais, le Collège Nord-Américain…

Qu’attendez-vous de votre formation à Rome ?

Personnellement, en arrivant à Rome, j’ai demandé une grâce au Seigneur : celle d’être pour toujours un vrai fils de l’Eglise. Nous sommes chrétiens : nous appartenons donc au Christ qui a fondé et confié son Eglise à Pierre et aux apôtres. Etudier au plus près du Successeur de St Pierre, dans une ville où nous ressentons la présence de l’Eglise à tous les coins de rue : c’est cela « apprendre Rome » et donc devenir de plus en plus catholique !

Comme je l’ai déjà dit, nous faisons l’expérience de l’universalité de l’Eglise : étudier, rencontrer et prier avec des laïcs, séminaristes ou évêques du monde entier, cela vaut tous les beaux discours sur la communion. Ici, nous vivons cette fraternité chrétienne, enracinée et attentive à l’enseignement laissé par les Apôtres.

Ensuite, il est évident que l’un des enjeux de notre formation ici est la possibilité d’étudier plus longtemps et avec des orientations plus riches que dans un séminaire diocésain normal. Notre formation est universitaire, dispensée par des professeurs pour qui leur enseignement est clairement leur vie et leur manière de servir l’Eglise. Nous avons donc beaucoup de chance d’avoir des enseignants reconnus et très qualifiés. Nous-mêmes, nous sommes envoyés, pour la plupart, pour obtenir une licence ou un doctorat de théologie afin d’enseigner à notre tour dans nos diocèses. Cette dimension de la formation est essentielle et vitale pour la vie de notre Eglise et de nos diocèses.

 

A gauche, l’abbé Julien Naturel avec d’autres séminaristes place Saint Pierre

Que peut apporter le pontificat de Benoit XVI à votre sacerdoce ?

Je suis entré au séminaire en septembre 2005 : ainsi, pour moi, Benoît XVI est le pape de mon séminaire ! J’ai vraiment eu l’impression tout au long de ces années d’être accompagné par lui comme par un père dans le sacerdoce. Il y a eu évidemment l’année sacerdotale que j’ai pu vivre ici même à Rome : ce fut ‘éblouissant’ et encourageant. Je me rappelle aussi les lettres et messages qu’il nous adresse régulièrement, à nous, futurs prêtres. Clairement, je retiens du Saint Père une attitude qui pourra m’aider dans mon ministère : l’humilité. Il est sans l’un des plus grands théologiens contemporains, il est le Successeur de Pierre, et pourtant il se présente comme « l’humble ouvrier dans la vigne du Seigneur ». Je ne crois pas me tromper en mettant mes pas dans les siens…

Une fois rentré dans votre diocèse, quelle pierre apporterez-vous de plus à l’’édifice ?

Fondamentalement, je serai prêtre avant tout ! Evidemment, le fait d’être passé par Rome m’aura permis d’apprendre un peu plus sur la vie de l’Eglise, d’avoir noué des amitiés très diverses mais durables…

Mais je crois que l’apport le plus évident se mesurera au niveau de la formation : titulaire d’une licence de théologie, je me mettrai, à la demande de mon évêque, comme il le décidera, au service de la formation des chrétiens et des futurs prêtres de mon diocèse. Il est vrai aussi que j’apporterai sans doute une vision renouvelée sur Rome : il est parfois nécessaire de pouvoir ‘faire le pont’ entre les chrétiens de nos paroisses et la parole du Saint Père, les enseignements que nous recevons qui sont parfois déformés ou mal reçus par notre société.

A l’issue de votre formation, vous sentez-vous plus proche du Pape ? 

Je prie pour le Saint Père… et tous ses collaborateurs ! Au-delà de votre question, je mesure combien lourde est la charge du pape et des évêques. Mon rôle sera de leur être un coopérateur fidèle : il est si délicat d’annoncer l’Evangile dans notre France contemporaine. Et pourtant, je suis plein d’espérance : c’est toujours le moment d’être témoins du Christ !

Aucune époque, aucun contexte ne nous fera taire : le Christ est notre Vie, il est vraiment ressuscité !

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