566220_10151553648202084_1281688403_n« Chaque famille est une brique qui construit la société »
Tweet du 23 octobre 2014

 « Est-ce que je crois que Jésus est le maître qui enseigne le salut, ou bien est-ce que je vais partout payer des gourous qui m’en enseignent un autre ? »
À Sainte-Marthe, le 3 octobre 2014

 Dieu n’est pas un magicien, brandissant sa baguette magique
À l’Académie des Sciences, le 27 octobre 2014 :
« Quand nous lisons le récit de la Création dans la Genèse, nous risquons de prendre Dieu pour un magicien, brandissant sa baguette magique. Mais ce n’est pas ainsi. Dieu a créé les êtres et Il les a laissés se développer selon les lois intérieures qu’Il leur avait données, pour qu’ils se développent et atteignent leur plénitude. Il leur a accordé l’autonomie tout en les assurant de sa présence constante. La création s’est ainsi poursuivie pendant des siècles et des millénaires pour devenir telle que nous la connaissons aujourd’hui. Dieu n’est pas un démiurge mais le Créateur qui confère le don de l’être à tous les éléments. Le Big-Bang, auquel on attribue aujourd’hui l’origine du mondene contredit pas l’intervention créatrice de Dieu, mais il l’exige. L’évolution de la nature n’est pas en contradiction avec la notion de Création ; elle suppose la création des êtres qui évoluent en elle. En ce qui concerne l’humanité, il y a un élément nouveau : Dieu lui a donné une autre autonomie, différente de celle de la nature : c’est la liberté.  Et il l’a rendue responsable de la Création. »

 Les chrétiens ‘gris’, sont-ils  avec Dieu ou avec le diable ?
À Sainte Marthe, le 27 octobre 2014 :

Il existe quatre façons de parler pour comprendre si nous sommes des fils des ténèbres. Si l’on parle de manière hypocrite, « un peu ici, un peu là, pour être bien avec tous ». Si l’on parle de manière vaine, sans substance. Si l’on parle de manière vulgaire, triviale, mondaine. Si l’on parle de manière obscène […] Toutes ces manières de parler ne viennent pas de l’Esprit Saint, ne viennent pas de Jésus, ce ne sont pas des paroles évangéliques […]

Quelles sont donc les paroles des Saints, des fils de la lumière ? […] C’est Saint Paul qui nous le dit :’Faites-vous des imitateurs de Dieu, cheminer dans la charité, dans la bonté, dans la douceur. Soyez miséricordieux, pardonnez-vous les uns les autres, comme Dieu vous a pardonnés dans le Christ. Voilà les paroles d’un fils de la lumière […] Il existe des chrétiens lumineux, pleins de lumière qui cherchent à servir le Seigneur dans cette lumière » et « nous avons des chrétiens ténébreux » qui mènent « une vie de péché, une vie éloignée du Seigneur », et qui utilisent ces manières de parler qui proviennent « du Malin ». « Mais nous avons aussi un troisième groupe de chrétiens » qui « ne sont « ni lumineux ni sombres […] Ce sont les chrétiens ‘gris’, qui un jour pensent d’une manière, et le lendemain autrement. Et on peut se demander à leur sujet : ‘Mais ces gens, ils sont avec Dieu ou avec le diable ?’ Ils sont constamment dans la zone grise. Ce sont des tièdes. Ils ne sont ni lumineux ni sombres. Et ces personnes, Dieu ne les aime pas. Dans l’Apocalypse, le Seigneur, à ces chrétiens gris, déclare : ‘Mais non, tu n’es ni chaud ni froid. Mais parce que tu es tiède, -dans cette zone grise-, je suis sur le point de te vomir de ma bouche.’ ‘Mais moi je suis chrétien, mais sans exagérer !’ disent-ils, et ils font tellement de mal, parce que leur témoignage chrétien est un témoignage qui à la fin sème la confusion, sème un témoignage négatif […] Nous en entendons tellement de ces paroles belles, bien dites, mais vides, sans rien à l’intérieur ». Comportons-nous par contre comme des fils de la lumière. « il sera utile aujourd’hui que nous pensions au langage que nous utilisons, et que nous nous demandions si nous « sommes des chrétiens de la lumière ou de l’obscurité,  ou encore des chrétiens gris. »


Un cœur jaloux un cœur qui, au lieu d’avoir du sang, semble avoir du vinaigre
Audience générale du 22 octobre 2014 :

« La guerre ne commence pas sur le champ de bataille : la guerre, les guerres commencent dans le cœur, par les incompréhensions, les divisions, les envies, par cette lutte contre les autres. […] L’apôtre Paul a donné aux Corinthiens quelques conseils concrets qui sont valables aussi pour nous : ne pas être jaloux, mais apprécier dans nos communautés les dons et les qualités de nos frères.

Les jalousies : ‘Untel a acheté une voiture’ et, là, je ressens de la jalousie ; ‘tel autre a gagné au loto’, et encore de la jalousie ; ‘et celui-là, tout lui réussit dans ce domaine’, et encore de la jalousie ! Tout cela détruit, fait du mal, il ne faut pas ! Parce que c’est comme cela que les jalousies gonflent et remplissent le cœur. Un cœur jaloux est un cœur acide, un cœur qui, au lieu d’avoir du sang, semble avoir du vinaigre ; c’est un cœur qui n’est jamais heureux, c’est un cœur qui détruit la communauté. Mais que dois-je faire alors ? Apprécier, dans nos communautés, les dons et les qualités des autres, de nos frères. Et quand je sens monter la jalousie, parce cela arrive à tout le monde, […] je dois dire au Seigneur : ‘Merci, Seigneur, parce que tu as donné cela à telle personne’. Apprécier les qualités, se faire proche et prendre part aux souffrances des derniers et des plus démunis ; exprimer sa reconnaissance envers tous. Un cœur qui sait dire merci est un cœur bon, c’est un cœur noble, c’est un cœur qui est heureux. […] Est-ce que nous savons tous dire merci, toujours ? Pas toujours, parce que l’envie, la jalousie nous freinent un peu. Et en dernier, le conseil que l’apôtre Paul donne aux Corinthiens et que nous devons aussi nous donner entre nous : ne considérer personne supérieur aux autres. Il y a tellement de personnes qui se sentent supérieures aux autres ! Nous aussi, bien souvent, nous disons, comme le pharisien de la parabole : ‘Je te remercie, Seigneur, parce que je ne suis pas comme celui-ci, je suis supérieur’. Mais ce n’est pas beau, il ne faut jamais parler comme cela. Et quand tu t’apprêtes à le faire, souviens-toi de tes péchés, de ceux que personne ne connaît, et humilie-toi devant le Seigneur en disant : ‘Mais toi, Seigneur, tu sais qui est supérieur, je me tais’. Et cela nous fait du bien. Et toujours, dans la charité, se considérer comme membres les uns des autres, vivant et nous donnant pour tous (cf. 1 Co 12-14) ».


« Je me débrouille tout seul »
Le 21 octobre 2014, à la Maison Sainte-Marthe.

« Le chrétien est un homme ou une femme qui sait attendre Jésus, donc un homme ou une femme d’espérance… Il sait que le Seigneur viendra. Nul ne connaît l’heure, mais il viendra […] En revanche le païen – et les chrétiens se comportent souvent en païens – oublie Jésus, il pense à lui-même, à ses affaires, il n’attend pas Jésus. Le païen égoïste fait comme s’il était un dieu: « je me débrouille tout seul ». Et cela finit mal […] Celui qui n’attend pas Jésus ferme la porte à Jésus, il ne le laisse pas faire cette œuvre de paix, de communauté, de citoyenneté […]  ‘Est-ce que je l’attends ou je ne l’attends pas ? Est-ce que je crois en cette espérance ? Ai-je le cœur ouvert pour entendre le bruit, quand il frappe à la porte, quand il ouvre la porte ? »

La tentation de transformer la pierre en pain
Discours de clôture du synode (les cinq tentations):

« – La tentation du raidissement hostile, c’est-à-dire vouloir s’enfermer dans ce qui est écrit (la lettre) et ne pas se laisser surprendre par Dieu, par le Dieu des surprises (l’esprit); à l’intérieur de la loi, de la certitude de ce que nous connaissons et non pas de ce que nous devons encore apprendre et atteindre. Depuis l’époque de Jésus c’est la tentation des zélés, des scrupuleux, des attentifs et de ceux qu’on appelle — aujourd’hui ‘traditionalistes’ et aussi des intellectualistes.

– La tentation de l’angélisme destructeur, qui au nom d’une miséricorde trompeuse bande les blessures sans d’abord les soigner ni les traiter; qui s’attaque aux symptômes et pas aux causes et aux racines. C’est la tentation des ‘bien-pensants’, des timorés et aussi de ceux qu’on appelle ‘progressistes et libéralistes’.

– La tentation de transformer la pierre en pain pour rompre le jeûne long, lourd et douloureux (cf. Lc 4, 1-4) et aussi de transformer le pain en pierre et de la jeter contre les pécheurs, les faibles et les malades (cf. Jn 8, 7) c’est-à-dire de le transformer en ‘fardeaux insupportables’ (Lc 10, 27).

– La tentation de descendre de la croix, pour faire plaisir aux gens, et ne pas y rester, pour accomplir la volonté du Père; de se plier à l’esprit mondain au lieu de le purifier et de le plier à l’Esprit de Dieu.

– La tentation de négliger le depositum fidei, de se considérer non pas des gardiens mais des propriétaires et des maîtres ou, dans l’autre sens, la tentation de négliger la réalité en utilisant une langue précieuse et un langage élevé pour dire tant de choses et ne rien dire! On les appelait des ‘byzantinismes’, je crois, ces choses-là… »

 

Pas de vie chrétienne cosmétique
À Sainte-Marthe, le14 octobre 2014

« Vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté. » (Lc 11, 37-41).

« La foi n’a pas besoin d’apparaître mais d’être. Elle n’a pas besoin d’être recouverte de courtoisies, surtout si elles sont hypocrites, mais d’un cœur capable d’aimer de façon véritable. » Un pharisien s’étonne du Maître qui n’accomplit pas les ablutions prescrites avant de manger : « Jésus condamne cette spiritualité cosmétique, le fait d’apparaître bons et beaux. La vérité de l’intérieur est quelque chose d’autre ! Jésus condamne les personnes qui ont de bonnes manières mais de mauvaises habitudes, ces habitudes qui ne se voient pas mais qui se font en secret.  Mais l’apparence est la suivante: les gens qui aimaient se promener sur les places, se faire voir lorsqu’ils priaient, ‘se maquiller’ avec un peu de faiblesse lorsqu’ils jeûnaient…Pourquoi est-ce ainsi Seigneur ? Voyez que les mots utilisés ici sont au nombre de deux et ils sont liés : avidité et méchanceté […] ‘Des sépulcres blanchis’, voilà ce que Jésus dira à leur propos dans le passage analogue de l’Évangile selon saint Matthieu, accentuant certains comportements qu’il a défini comme ‘ordure’, pourriture. Sa contre-proposition est la suivante : ‘Donnez plutôt tout ce que vous avez à l’intérieur’ […] L’aumône a toujours été, dans la tradition de la Bible, aussi bien dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament, la pierre de touche  de la justice ». Même Paul, dans la lecture du jour, discute avec les Galates sur ce même sujet, leur attachement à la loi. Le résultat est le même parce que « la loi ne peut sauver à elle seule » : Ce qui vaut, c’est la foi. Quelle foi ? Celle qui « œuvre par voie de la charité ». C’est le même discours de Jésus aux pharisiens.  Une foi qui n’est pas seulement réciter le credo : nous croyons tous dans le Père, dans le fils et dans l’Esprit Saint, dans la vie éternelle…Nous croyons tous ! Mais c’est une foi immobile, qui n’œuvre pas. Ce qui vaut pour Jésus Christ, c’est l’œuvre qui émane de la foi ou mieux, la foi qui œuvre dans la charité, c’est-à-dire qui en revient à l’aumône.  L’aumône dans le sens le plus ample de la parole : se détacher de la dictature de l’argent, de l’idolâtrie de l’argent. Chaque cupidité nous éloigne de Jésus Christ ».

« Demandons-nous si notre vie chrétienne est faite de cosmétique, d’apparence ou si c’est une vie chrétienne avec la foi qui œuvre dans la charité  […] Jésus nous conseille ceci: ’Ne pas jouer de la trompette’. Le second conseil : ‘Ne pas donner seulement ce qui reste’. [Et il nous parle de] cette pauvre veuve qui a donné tout ce qu’elle avait pour vivre. Et il loue cette femme pour l’avoir fait. Elle l’a fait de façon cachée, peut-être parce qu’elle avait honte de ne pas pouvoir donner plus ».

 

‘Tu ferais mieux de te taire parce que tu nous agaces tous quand tu chantes !’
Audience générale du 1er octobre 2014 :

« Dès les débuts, le Seigneur a comblé l’Église des dons de son Esprit, la rendant ainsi plus vivante et féconde. Parmi ces dons, on en distingue quelques-uns qui sont particulièrement précieux pour l’édification et le cheminement de la communauté chrétienne : il s’agit des charismes […] Comment pouvons-nous le reconnaître et l’accueillir ? Et surtout : le fait qu’il y ait, dans l’Église, une diversité et une multiplicité de charismes doit-il être vu de manière positive, comme quelque chose de beau, ou bien comme un problème ?

Dans le langage commun, quand on parle de ‘charisme’, on entend souvent un talent, une capacité naturelle. On dit : ‘Cette personne a un charisme spécial pour enseigner. C’est un talent qu’elle a’. De même, devant une personne particulièrement brillante et qui nous frappe, on a l’habitude de dire : ‘C’est une personne charismatique. – Qu’est-ce que cela veut dire ? – Je ne sais pas, mais elle est charismatique’ […] Dans la perspective chrétienne, cependant, le charisme est bien plus qu’une qualité personnelle, qu’une prédisposition pour laquelle on est doué : le charisme est une grâce, un don accordé par Dieu notre Père, à travers l’action de l’Esprit-Saint. Et c’est un don qui est fait à quelqu’un, non pas parce qu’il serait mieux que les autres ou parce qu’il l’aurait mérité : c’est un cadeau que Dieu lui fait pour que, avec la même gratuité et le même amour, il puisse le mettre au service de toute la communauté, pour le bien de tous. Pour le dire en des termes humains, on dit ceci : ‘Dieu donne cette qualité, ce charisme à telle personne, mais pas pour elle, pour qu’il soit au service de toute la communauté’. […] Il faut tout de suite souligner quelque chose d’important : on ne peut pas comprendre tout seul si l’on a un charisme et lequel. Nous avons bien souvent entendu des personnes dire : ‘J’ai telle qualité, je chante très bien !’. Et personne n’a le courage de dire : ‘Tu ferais mieux de te taire parce que tu nous agaces tous quand tu chantes !’. Personne ne peut dire : ‘J’ai tel charisme ’ C’est à l’intérieur de la communauté que peuvent éclore et fleurir les dons dont le Père nous comble ; et c’est au sein de la communauté que l’on apprend à les reconnaître comme un signe de son amour pour tous ses enfants. Il est bon alors, que chacun de nous se demande : ‘Y a-t-il un charisme que le Seigneur a mis en moi, dans la grâce de son Esprit, et que mes frères, dans la communauté chrétienne, ont reconnu ou encouragé ? Et comment est-ce que je me comporte vis-à-vis de ce don : est-ce que je le vis avec générosité, en le mettant au service de tous, ou bien est-ce que je le néglige et que je finis par l’oublier ? Ou peut-être devient-il un motif d’orgueil au point que je me plains toujours des autres en attendant que l’on fasse à ma manière dans la communauté ?’. Ce sont des questions que nous devons nous poser : s’il y a en moi un charisme, si ce charisme est reconnu par l’Église, si je suis content de ce charisme ou si j’éprouve un peu de jalousie à l’égard des charismes des autres, si j’aurais voulu, si je veux avoir tel charisme. Le charisme est un don : Dieu seul le donne.

Mais l’expérience la plus belle est lorsqu’on découvre toute la diversité des charismes et des dons de l’Esprit dont le Père comble son Église. Il ne faut pas voir cela comme une occasion de confusion, de malaise : ce sont tous des cadeaux que Dieu fait à sa communauté chrétienne, pour qu’elle puisse grandir harmonieusement, dans la foi et dans son amour, comme un seul corps, le corps du Christ. C’est le même Esprit qui donne cette diversité de charismes et qui fait l’unité de l’Église. C’est toujours le même Esprit. Devant cette multiplicité de charismes, notre cœur doit donc s’ouvrir à la joie et nous devons penser : ‘Que c’est beau ! Tant de dons différents, parce que nous sommes tous enfants de Dieu, et tous aimés d’une façon unique’.

 

Pas de plaintes de théâtre
À Sainte-Marthe, le 30 septembre 2014 :

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, au cours des derniers mois de sa vie, « essayait de penser au ciel, elle sentait en elle comme une voix qui lui disait ‘Ne sois pas bête, ne fais pas de fantaisies. Sais-tu ce qui t’attend ? Rien !’. Souvent, nous passons par cette situation, nous vivons cette situation. Et de nombreuses personnes pensent de finir dans le néant. Mais Sainte Thérèse, elle priait et demandait de la force pour pouvoir aller de l’avant, dans l’obscurité. Cela s’appelle la patience. Notre vie est trop facile, nos complaintes sont des complaintes de théâtre. Que sont-elles devant les complaintes de nombreuses personnes, de tant de frères et de sœurs qui sont dans l’obscurité, qui ont presque perdu la mémoire, l’espoir, qui vivent cet exil d’eux-mêmes, qui sont exilés ? Ce n’est rien ! Et Jésus a parcouru ce chemin : depuis le soir au Mont des Olivers jusqu’au dernier mot sur la Croix : ‘Père, pourquoi m’avez-vous abandonné ?’.

Pour toutes ces personnes, mais également pour « tous ceux qui avancent dans l’obscurité, l’Église prie. Elle prend sur elle cette souffrance et prie ».