Dans son message pour la 57 ème journée mondiale des vocations, qui se tient ce dimanche 3 mai, quatrième dimanche de Pâques, François tient à remercier les prêtres et à les soutenir dans leur ministère, en l’articulant autour de quatre mots-clés: souffrance, gratitude , courage et louange.

Source : Vatican News – Olivier Bonnel – Cité du Vatican

Pour son message, le Pape s’est basé sur la lettre qu’il avait envoyée l’an passée à l’occasion du 160° anniversaire de la mort du saint Curé d’Ars. Une lettre qui s’articulait autour de quatre mots-clés: souffrance – gratitude – courage et louange – pour remercier les prêtres et soutenir leur ministère.Ces paroles, explique le Saint-Père au début de son message, peuvent être reprises et adressées à tout le Peuple de Dieu, en se basant sur le passage de l’Evangile de Matthieu et «la singulière expérience survenue à Jésus et Pierre, durant une nuit de tempête sur le lac de Tibériade».

Dans ce passage, Jésus ordonne à ses disciples de le précéder en montant sur la barque et rejoindre l’autre rive. «L’image de cette traversée sur le lac évoque, en quelque manière, le voyage de notre existence. La barque de notre vie, en effet, avance lentement, toujours agitée parce qu’à la recherche d’un lieu d’accostage favorable, prête à affronter les risques et les opportunités de la mer, mais aussi désireuse de recevoir du timonier un virage qui conduise finalement vers la bonne direction »

Passer sans crainte sur l’autre rive
Evoquant cette barque, le Pape précise «qu’il peut arriver qu’elle s’égare, qu’elle se laisse aveugler par les illusions, au lieu de suivre le phare lumineux qui la conduit à bon port». Il en va de même pour ceux qui suivent le Seigneur, a-t-il expliqué, ceux qui «doivent se décider à passer sur l’autre rive, en choisissant avec courage d’abandonner leurs sécurités et de se mettre à la suite du Seigneur.»
L’Evangile rappelle, que dans l’aventure de ce voyage difficile, malgré la nuit et la tempête, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur marche sur les eaux agitées, sauve Pierre quand il le voit s’enfoncer et calme la tempête. La première parole de la vocation, alors, est gratitude explique François. Naviguer vers le juste cap n’est pas une tâche qui relève de nos seuls efforts, et ne dépend pas seulement des parcours que nous choisissons de faire, «la réalisation de nous-mêmes est avant tout la réponse à un appel qui vient d’En-Haut.»
Le Seigneur se fait notre timonier et nous donne la force de marcher sur les eaux agitées. Quand les disciples voient Jésus s’approcher en marchant sur les eaux, ils prennent peur d’abord, mais Jésus les rassure aussitôt par ses paroles: «Courage, c’est moi, n’ayez pas peur !». Le courage est ainsi le deuxième mot-clé. «Ce qui souvent nous empêche de marcher, de grandir, de choisir la voie que le Seigneur trace pour nous, ce sont les fantômes qui s’agitent dans notre cœur» poursuit le Pape.
Abandonner nos sécurités
Quand nous sommes appelés à laisser nos sécurités, la première réaction est souvent représentée par le « fantôme de l’incrédulité »: ce n’est pas possible que cette vocation soit pour moi. Peu à peu, le doute croit ainsi en nous, les calculs ou les justifications peuvent nous couper dans notre élan: «nous pensons avoir fait fausse route, ne pas être à la hauteur, avoir simplement vu un fantôme à chasser.»
Le Seigneur sait qu’un choix fondamental de vie nécessite du courage, précise le Pape François, «il connaît les interrogations, les doutes et les difficultés qui agitent la barque de notre cœur, et c’est pourquoi il nous rassure : « N’aie pas peur, je suis avec toi ! »». La foi dans la présence du Christ nous libère du découragement intérieur qui nous bloque et ne nous permet pas de goûter la beauté de la vocation, précise le Saint-Père.
Le troisième mot sur lequel revient François est fatigue. Toute vocation comporte un engagement. Le Seigneur nous appelle parce qu’il veut nous rendre comme Pierre, capables de « marcher sur les eaux », c’est-à-dire prendre en main nos vies pour la mettre au service de l’Evangile. Mais nous sommes marquées par les faiblesses et les craintes.

Jésus nous tend la main
«Si nous nous laissons emporter par la pensée des responsabilités qui nous attendent ou par les épreuves qui se présenteront, alors nous détournerons vite notre regard de Jésus» rappelle le Pape, mais «la foi nous permet de marcher à la rencontre du Seigneur Ressuscité et de vaincre même les tempêtes.» Jésus nous tend la main quand, par fatigue ou par peur, nous risquons de couler, et il nous donne l’élan nécessaire pour vivre notre vocation avec joie et enthousiasme.
Quand Jésus monte sur la barque, le vent cesse et les vagues s’apaisent poursuit le Saint-Père: «C’est une belle image de ce que le Seigneur opère dans notre vie et dans les tumultes de l’histoire». Jésus commande aux vents contraires de se calmer. «Dans la vocation spécifique que nous sommes appelés à vivre, ces vents peuvent nous épuiser» souligne le Souverain Pontife.
«Je connais votre fatigue, les solitudes qui parfois alourdissent le cœur, le risque de l’habitude qui petit à petit éteint le feu ardent de l’appel, le fardeau de l’incertitude et de la précarité de notre temps, la peur de l’avenir. Courage, n’ayez pas peur!» écrit encore le Pape.

Le modèle de la Vierge Marie
La dernière parole-clé de la vocation est ainsi «louange» : même au milieu des vagues, elle est une invitation «à cultiver le comportement intérieur de la sainte Vierge Marie précise François : reconnaissante pour le regard de Dieu qui s’est posé sur elle, confiant dans la foi ses peurs et ses troubles, embrassant avec courage l’appel, elle a fait de sa vie un éternel chant de louange au Seigneur.»
En cette journée mondiale des vocations, François conclut son message en faisant le vœu «que l’Eglise parcoure ce chemin au service des vocations, en ouvrant des brèches dans le cœur de chaque fidèle, pour que chacun puisse découvrir avec gratitude l’appel que Dieu lui adresse, trouver le courage de dire « oui », vaincre la fatigue dans la foi au Christ et, enfin, offrir sa vie comme un cantique de louange pour Dieu, pour les frères et pour le monde entier.»