Jovan, séminariste philippin

21 Oct, 2026

«Je me suis senti aimé».»

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Rien ne destinait Jovan à devenir prêtre. Adolescent, il fréquentait peu l’église et ne pensait guère à Dieu. Mais une messe, puis l’accueil d’une communauté paroissiale, ont changé sa vie. Aujourd’hui, il se forme à Rome grâce au soutien des bienfaiteurs de Fordef-DPTN.

Jovan Faylogna est né en 1999 à Pagudpud, dans le diocèse de Laoag, au nord des Philippines. Lorsqu’il raconte son parcours, il commence par dissiper une idée reçue : non, il n’a pas toujours été proche de l’Église.

« Je n’étais pas l’enfant qui allait à la messe tous les dimanches. En fait, j’ai vécu ma vie sans trop penser à Dieu. »

Il ne participait à la messe qu’à Noël, à Pâques ou lors des grandes fêtes paroissiales. Avec le recul, il décrit un sentiment de vide : sa vie semblait paisible, mais il lui manquait une direction.

Une messe qui change tout

En 2016, alors qu’il est lycéen, son établissement invite les élèves à participer à une messe pour prier pour l’école. Jovan s’y rend avec ses amis, simplement parce qu’on le lui a demandé. Il n’en attend rien de particulier. Pourtant, au cours de la célébration, il ressent une paix nouvelle, quelque chose de discret qui le touche profondément.

Le dimanche suivant, il revient. Puis le dimanche d’après. D’abord entraîné par ses amis, il découvre peu à peu le plaisir de retrouver la communauté. Lorsqu’on lui propose de rejoindre le groupe des jeunes de la paroisse, il accepte.

Devenu servant d’autel, il se met à participer à la messe chaque jour. Il se lève même à 5 h 30 pour l’adoration et la prière du matin, avant de partir en cours. Les paroissiens l’entourent et l’invitent à partager leur petit-déjeuner.

« Je me suis senti aimé. Je me suis senti chez moi. »

La foi prend alors une place nouvelle dans sa vie. Dieu n’est plus une présence lointaine : Jovan apprend à le connaître dans la prière et à travers ceux qui l’accueillent.

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La peur de ne pas être à la hauteur

Un an plus tard, des séminaristes viennent dans son lycée pour parler de leur vocation. Ses amis le taquinent : pourquoi ne les rejoindrait-il pas ? Jovan rit et répond non. Au fond, il ne se sent pas digne de devenir prêtre.

Mais à l’approche de l’examen d’entrée au séminaire, une idée fait son chemin : et s’il essayait ? Il en parle à son curé, sans oser prévenir ses parents, dont il redoute la réaction.

Il passe l’examen et le réussit. Reste à obtenir l’accord de sa famille. Pendant plusieurs mois, il tente de convaincre ses parents. Le jour de la rentrée, tandis que les autres séminaristes arrivent accompagnés de leurs proches, Jovan entre seul. Le souvenir reste douloureux.

Leur regard évoluera progressivement. Lors de la cérémonie de prise d’habit, ses parents arrivent quelques minutes avant le début de la messe. Leur présence le touche d’autant plus que les funérailles de son grand-père ont lieu ce même jour.

À la fin de la célébration, son évêque prend le temps de leur parler. Cet échange les aide à accueillir le choix de leur fils. Dès lors, ils lui rendent régulièrement visite.

Un chemin fait aussi de doutes

La vie au séminaire n’efface pas les difficultés. La famille de Jovan peine à financer sa formation. Une famille généreuse lui apporte alors une aide décisive pour poursuivre ses études.

Jovan parle aussi sans détour de ses propres fragilités. Il explique avoir failli être renvoyé à deux reprises.

« J’ai lutté, j’ai fait des erreurs et je me suis souvent demandé si j’étais à ma place. »

Pourtant, à la fin de ses études de philosophie, son évêque lui propose de poursuivre sa formation théologique à Rome. Jovan est déconcerté. Lui qui allait si rarement à la messe quelques années auparavant se voit offrir la possibilité d’étudier au cœur de l’Église.

Sa première réaction est de penser qu’il n’en est pas capable. La prière l’aide à dépasser ses craintes et à accepter ce départ.

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Jovan (à droite) avec ses collègues séminaristes lors du dernier Jubilé.

À Rome, se préparer à servir

Son parcours connaît encore un détour : après son arrivée à Rome, Jovan doit retourner aux Philippines. Il vit ce retour comme une épreuve, mais reconnaît aujourd’hui que cette période l’a aidé à grandir et à gagner en humilité.

Plus tard, son évêque l’invite à repartir pour achever sa formation.

Jovan étudie désormais la théologie à l’Université pontificale de la Sainte-Croix et réside au collège international Sedes Sapientiae. Il se prépare à revenir servir son diocèse. Son évêque lui a confié une mission particulière : contribuer au dialogue et à l’unité entre les chrétiens, et transmettre la foi de l’Église, notamment à travers l’Eucharistie.

« Vous êtes dans mes prières chaque jour »

Jovan sait ce qu’il doit à toutes les personnes qui l’accompagnent. Il souhaite notamment remercier les bienfaiteurs de Fordef-DPTN, dont le soutien lui permet de poursuivre sa formation à Rome.

« Vous ne pouvez pas savoir à quel point votre soutien a touché ma vie. »

Derrière ses études, il y a des donateurs, des prières, des encouragements. Autant de gestes qui l’aident à avancer vers le sacerdoce et qui bénéficieront demain aux communautés qu’il servira.

À ses bienfaiteurs, Jovan veut dire sa reconnaissance et promettre sa prière :

« Vous êtes dans mes prières chaque jour. »

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