Paul-Marie est séminariste français du diocèse de Bayonne, il poursuit ses études à la Sainte Croix depuis la rentrée :
il nous livre un témoignage profondément touchant sur sa relation avec sa "mère du ciel" ainsi que sur ses premiers mois auprès de ses professeurs...
Paul-Marie, quelle est la place de Marie dans votre vie actuelle et depuis votre enfance ?
La Vierge Marie est entrée dans ma vie en même temps que ma mère de la terre : je porte son nom ! Donc je suis sous sa protection depuis le berceau, sans même l’avoir choisi. Petit à petit, j’ai appris à m’adresser à elle pour me mettre sous sa protection, pour lui confier des intentions, en utilisant souvent les belles prières que nous transmet l’Eglise. Enfant, j’avais quelqu’un de proche qui était malade, je veux dire psychologiquement, et qui souffrait beaucoup et les autres avec elle : elle s’était séparée de son mari. Tout le monde pensait que c’était irréparable. Mais, je la confiais tous les jours à ma Mère du Ciel, sûr qu’elle m’écouterait. J’étais peut-être un peu présomptueux, mais ainsi sont les enfants. Mon collège était à une heure de la maison, alors cela me laissait largement le temps de prier autant à l’aller qu’au retour. Cette personne est finalement retournée habiter avec son mari. Ce n’est pas tous les jours facile, mais je suis convaincu qu’elle est plus heureuse ainsi.
Lorsque le Pape Jean-Paul II est venu à Lourdes pour son dernier voyage, je me suis confié à Notre Dame. Plus tard, j’y suis retourné avant une randonnée dans les Pyrénées avec des amis. A la fin, j’avais la ferme intention de rentrer au séminaire. Et malgré mon jeune âge, et l’année sur le point de commencer, j’ai été accueilli quelques jours après pour une année de formation spirituelle avant le séminaire. Depuis, Marie ne cesse de me protéger, de me guider, spirituellement, affectivement et matériellement.

Pourriez-vous nous dire de quelle manière votre piété mariale vous aide dans vos études au séminaire ?
Marie a passée trente trois ans avec le Seigneur, dont trente dans l’intimité de la maison de Nazareth. Au séminaire, nous faisons comme les disciples, nous vivons à côté de Notre Seigneur Jésus toute la journée, et c’est Lui qui nous forme par son Esprit. Comment ne pas s’approcher de Notre Dame pour apprendre à Le connaître dans la prière et par les études, à Le fréquenter tout au long de la journée. Et puis je reste son fils, et elle continue à me protéger. Quand je suis parti pour Rome, mon évêque m’a envoyé un mail pour m’encourager. Il l’a terminé en me demandant de « ne pas lâcher la main de la Belle Dame ». Lorsque je le fais, je tombe. Mais alors, elle se baisse jusqu’à moi pour me consoler et me relever, comme le faisait ma mère sur terre, mais avec beaucoup plus d’affection, et ce n’est pas peu dire.

 
Vous êtes à l’UPSC depuis maintenant un trimestre, que vous apporte cette nouvelle formation, tant dans vos études que sur le plan personnel ?
Je suis arrivé ici, un peu comme sur un nuage. Je nourrissais ce rêve depuis que j’étais entré au séminaire, il y a maintenant cinq ans. Quand il s’est réalisé concrètement, c’est à dire, quand je me suis assis sur les chaises de « l’aula » où j’avais cours, j’avais du mal à y croire. Lorsque le cours a commencé, en italien, il a fallu que je me réveille ! La formation à l’université est exigeante, mais surtout extrêmement riche car elle touche tous les aspects de la vie. Beaucoup s’imaginent qu’il faut aller à l’université pour étudier la théologie, et après tout oublier, ou encore qu’un doctorat ne sert pas à grand-chose pour un prêtre en paroisse. Faux, faux et archifaux ! Tout ce que nous étudions ici est en lien direct avec la vie quotidienne, et les professeurs ne cessent de nous le rappeler. Certains se laissent même aller à des homélies en plein cours, ce qui est assez divertissant. A ce propos, tant à l’université qu’au séminaire, je découvre des professeurs de grande qualité, non seulement intellectuelle, mais aussi humaine. Ils sont entièrement donnés à leur mission.
Ici, je découvre combien le cœur de l’homme a besoin de Dieu, que seul le mystère de Dieu, la Trinité même, peut éclairer l’homme et lui donner ce qu’il recherche. Cela me conduit d’abord à ma propre conversion, à changer mon regard sur le monde, pour le voir du point de vue de Dieu. Ensuite, j’espère que je serai à même, avec la grâce de Dieu de donner Jésus aux hommes, et les hommes à Jésus !